Histoire
24 septembre 2026
L’État malagasy et ses partenaires consolident les acquis de la paix, de la sécurité et du développement
À l’occasion de la Journée internationale de la paix, le district de Betroka, dans la région Anosy, a célébré les avancées enregistrées en matière de paix, de sécurité et de cohésion sociale, tout en réaffirmant l’engagement des autorités et des communautés à poursuivre cette dynamique. Le Premier ministre malagasy, M. Mamitiana Rajaonarison, et le Coordonnateur résident des Nations Unies, M. Anthony Ngororano, accompagnés des autorités locales, de partenaires internationaux — notamment l’Allemagne, la Corée du Sud, les États-Unis, la Norvège et l’Union européenne — ainsi que des représentants des agences des Nations Unies, se sont rendus à l’occasion à Betroka pour rencontrer les communautés et constater les progrès réalisés sur le terrain dans le cadre du portefeuille financé par le Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix à Madagascar. Une dynamique portée par les autorités et les communautésLongtemps confrontés à des difficultés d’accès ainsi qu’à des défis sécuritaires, économiques et sociaux, le district de Betroka et le massif de l’Andriry connaissent aujourd’hui une dynamique progressive de stabilisation et de développement. Ce changement est manifeste au niveau communautaire. À Kelivaho, les communautés ont renouvelé leur engagement collectif à être des artisans de la paix à travers la cérémonie traditionnelle du « Titiky ». En clôture de la Journée internationale de la paix, au cœur de la commune rurale de Betroka, la marche Karav’alina a à son tour rassemblé communautés locales et autorités autour d’un moment symbolique de partage et d’engagement pour la paix, avant de laisser place aux représentations culturelles de la région.« Les progrès constatés à Betroka et dans le massif de l’Andriry montrent que la paix et la sécurité constituent les fondements indispensables de tout développement durable. Le Gouvernement entend consolider ces acquis en renforçant la présence de l’État, l’accès aux services publics et les opportunités économiques pour les populations. Cette dynamique repose sur l’engagement des communautés et des autorités locales, avec l’appui précieux des Nations Unies et de l’ensemble de nos partenaires », a déclaré le Premier Ministre Mamitiana Rajaonarison. Des résultats concrets au service des populationsAu cours des dix dernières années, les interventions menées dans le Sud ont contribué à renforcer les mécanismes communautaires de prévention et de règlement des conflits, à favoriser la participation des jeunes et des femmes aux espaces locaux de concertation, à soutenir les activités économiques et à rapprocher les populations, les autorités locales et les services de l’État.Parmi les réalisations obtenues avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix figurent notamment plus de 3 100 affaires traitées par les cliniques juridiques dans le Sud, permettant à de nombreux habitants d’accéder pour la première fois à des mécanismes d’information et d’accompagnement juridique ; la présence d’un réseau de jeunes observateurs de l’Observatoire national des droits humains (ONDH) dans 13 régions ; ainsi que la formation de plus de 4 100 leaders universitaires au dialogue et à la gestion des conflits. L’homologation des dina contribue également à rapprocher justice traditionnelle et justice formelle.Ces actions s’accompagnent d’un effort visant à renforcer les dispositifs de proximité des forces de défense et de sécurité, conformément aux orientations et priorités définies par les autorités nationales compétentes.Au-delà des infrastructures et des réalisations matérielles, l’enjeu est de consolider durablement la confiance entre les citoyens et les institutions publiques et de renforcer le vivre-ensemble au sein des communautés. Dans l’Andriry, consolider les acquis et aller plus loinAncienne « zone rouge », le massif de l’Andriry bénéficie depuis 2024 du projet «Renforcement d’une paix inclusive et durable dans le massif de l’Andriry – Andriry Milamy », toujours financé par le PBF et mis en œuvre par le PNUD et l’OIM.Le projet consolide les acquis des interventions précédentes et étend les actions de proximité aux communautés situées à l’intérieur du massif, dans les régions d’Anôsy, d’Androy, d’Ihorombe et d’Atsimo Atsinanana.Il intervient notamment en faveur de la cohésion sociale, de la gouvernance locale inclusive, de l’accès aux services publics et aux opportunités socio-économiques, ainsi que du désenclavement des communautés. Une attention particulière est accordée aux jeunes et aux femmes afin de renforcer leur participation aux mécanismes locaux de gouvernance, de prévention des conflits et de développement.L’insertion socio-économique des jeunes constitue également un levier important de prévention durable des tensions et de construction de nouvelles perspectives.Le témoignage d’Innocent, jeune ex-dahalo de la commune de Bekorobo, illustre cette dynamique :« Actuellement, je sensibilise aussi les autres jeunes malaso. J'ai déjà réussi à convaincre plusieurs d'entre eux d'arrêter cette activité. Beaucoup se sont tournés, comme moi, vers l’élevage et l’agriculture. Je leur transmets les connaissances acquises lors des formations dont j’ai bénéficié.Je veux transmettre un message d’espoir. Je veux que les jeunes sachent qu’il est toujours possible de changer et de construire une nouvelle vie. »À Kelivaho, le Maire de la commune observe également les changements engagés au niveau local :« Ces activités contribuent progressivement à faire évoluer les comportements et les mentalités des populations. Si elles se poursuivent de manière régulière, elles pourront produire davantage de changements positifs au sein de la communauté. » Le PBF et les partenaires : accompagner et renforcer une dynamique nationale.Depuis 2016, le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix accompagne les efforts de Madagascar en matière de prévention des conflits, de cohésion sociale et de paix. Au cours de cette période, environ 227 milliards MGA (52 millions USD) ont été mobilisés, notamment dans le Sud, pour soutenir des programmes mis en œuvre avec les agences des Nations Unies, la société civile et les autorités malagasy.« Cet appui compte. Mais aucun financement, aucune institution, aucun partenaire ne peut fabriquer la paix à la place des habitants. Nous pouvons aider, accompagner et ouvrir des portes. La paix, elle, doit prendre racine ici : dans les villages, dans les familles, dans les cœurs », a souligné M. Anthony Ngororano, Coordonnateur résident des Nations Unies.La visite conjointe du Premier ministre, de la délégation du système des Nations Unies et des représentants des partenaires dont l’Allemagne, la Corée, les Etats Unis d’Amérique, la Norvège et l’Union Européenne a également été marquée par la tenue du Comité de pilotage du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix. Présidée par le Premier ministre et le Coordonnateur résident des Nations Unies, cette réunion a permis d’examiner les résultats obtenus, de tirer les enseignements des projets mis en œuvre et d’identifier les orientations prioritaires pour la poursuite de la coopération.Dans cette perspective, l’enjeu est désormais de pérenniser les acquis, de capitaliser les expériences et de renforcer leur appropriation par les institutions et les communautés afin que les dynamiques engagées puissent se poursuivre au-delà des cycles de projets et de financement.Les jeunes de la Coalition Paix et Sécurité du district de Betroka ont également porté ce message auprès de la mission, en appelant à passer de l’expérimentation à la pérennisation, de la consultation à la participation effective, et des initiatives de projets à une véritable dynamique nationale Jeunesse, Paix et Sécurité.