Les Nations Unies à 80 ans : l’ancre d’un monde en mutation profonde
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En 2025, les Nations Unies célèbrent leurs 80 ans. Huit décennies d’un projet collectif né des ruines de la Seconde Guerre mondiale : celui de bâtir un ordre fondé sur la paix, le droit et la dignité humaine.
Aujourd’hui, alors que les tensions géopolitiques s’intensifient, que la défiance fragilise les institutions et que les crises se superposent, la question de la pertinence du multilatéralisme se pose avec acuité.
Les faits montrent pourtant qu’il demeure plus nécessaire que jamais.
Un monde plus fragile et plus interdépendant
Le Rapport sur le développement humain 2024 du PNUD indique que près de la moitié de la population mondiale vit désormais dans des pays en recul démocratique.
La Banque mondiale estime qu’un tiers des économies en développement est plus pauvre qu’avant la pandémie.
Le sixième rapport du GIEC confirme, quant à lui, que la planète se réchauffe à un rythme sans précédent, avec des conséquences de plus en plus marquées sur la sécurité alimentaire et les migrations.
Ces constats rappellent une évidence : les crises actuelles — politiques, économiques, climatiques, sanitaires ou numériques — ne connaissent pas de frontières. La guerre en Ukraine affecte le prix du pain à Antananarivo, la sécheresse dans le Sud de Madagascar provoque des déplacements internes, et la désinformation fragilise les démocraties sur tous les continents.
Face à ces défis mondiaux, aucun État ne peut agir seul. Le multilatéralisme reste l’instrument le plus efficace pour coordonner des réponses globales.
À Madagascar, le multilatéralisme en action
À Madagascar, où le système des Nations Unies est présent depuis plus de soixante ans, le multilatéralisme prend une forme concrète.
Le Plan-Cadre des Nations Unies pour le développement durable 2024–2028 fédère vingt entités onusiennes autour d’un même objectif : soutenir la gouvernance, renforcer la sécurité alimentaire, améliorer les services sociaux de base, stimuler la création d’emplois décents, promouvoir l’égalité de genre et renforcer la résilience face au changement climatique.
Ces actions se traduisent chaque jour : assistance aux familles touchées par la sécheresse dans le Sud, appui aux jeunes entrepreneurs de l’économie verte, soutien aux collectivités locales confrontées aux catastrophes naturelles, reconstruction d’écoles et de dispensaires après les cyclones.
Le multilatéralisme se manifeste ainsi dans ce qu’il a de plus concret : une solidarité active et partagée.
Un multilatéralisme à réinventer
Le monde de 2025 n’est plus celui de 1945.
Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, l’affirme dans Notre Programme commun : la coopération internationale doit devenir plus ouverte, plus inclusive et plus participative.
Le multilatéralisme du XXIᵉ siècle ne peut plus se limiter aux relations entre États ; il doit impliquer les jeunes, le secteur privé, les scientifiques, les villes et les diasporas.
À Madagascar, cette évolution se traduit par la mise en réseau des universités avec la recherche mondiale, le développement de chaînes de valeur durables avec les entreprises locales et la mobilisation de financements innovants pour le climat, tels que le Fonds vert pour le climat.
Ce modèle, fondé sur la coopération entre acteurs publics et privés, illustre une nouvelle forme de multilatéralisme de proximité dont des exemples concrets sont énumérés dans le rapport de l’Équipe de pays des Nations Unies 2024
Un système imparfait, mais essentiel
Le système multilatéral n’est pas exempt de limites. Le Conseil de sécurité peine à refléter les réalités du monde actuel. Les processus de décision sont parfois longs.
Mais malgré ses imperfections, il reste la seule architecture capable de gérer les interdépendances mondiales.
Aucune frontière ne peut arrêter un virus, aucune nation ne peut seule réguler l’intelligence artificielle ou contenir le dérèglement climatique.
Le Sommet de l’avenir, organisé à New York en 2024, représente une occasion historique d’actualiser le contrat multilatéral. Il s’agit non pas de réécrire la Charte, mais de la réinterpréter à la lumière des défis contemporains — pour que la solidarité internationale reste efficace, légitime et universelle.
Une mission inchangée : servir la paix, le droit et la dignité humaine
À 80 ans, les Nations Unies demeurent fidèles à la mission que leur ont confiée leurs fondateurs : promouvoir la paix, les droits humains et le développement durable pour tous.
Elles continuent d’incarner un espace unique de dialogue et de coopération, là où d’autres institutions se fragmentent ou se replient.
Leur rôle reste d’autant plus vital dans les pays où les vulnérabilités s’accumulent.
À Madagascar, cette présence se traduit par des résultats tangibles : des enfants scolarisés, des femmes autonomisées, des institutions consolidées, des communautés mieux préparées aux chocs climatiques.
Derrière chaque initiative, il y a une idée simple : le multilatéralisme ne se résume pas à la diplomatie, il se mesure à son impact sur la vie des peuples.
Un repère dans un monde en mutation profonde
Dans un monde en mutation profonde, le multilatéralisme demeure une ancre collective, une méthode éprouvée pour préserver la stabilité et construire la confiance.
Les Nations Unies, malgré leurs défauts, continuent d’offrir un cadre pour transformer les tensions en dialogue et les ambitions en actions partagées.
Elles ne sont pas le reflet d’un passé révolu, mais la promesse — toujours fragile, toujours nécessaire — d’un avenir commun.