Pour assurer des accouchements sécurisés, même en période de pandémie ; nos héros répondent toujours présents !

Les sages-femmes du centre Hospitalier Universitaire Gynéco-Obstétricaux (CHU GOB)

Les sages-femmes du centre Hospitalier Universitaire Gynéco-Obstétricaux (CHU GOB) n’ont pas le choix, elles ont la responsabilité de sauver des vies et ne peuvent pas rester à la maison comme tout le monde. Tous les jours, elles rentrent avec la peur au ventre, la peur d’apporter des microbes ou des virus à la maison et de contaminer les enfants et les membres de la famille. C’est le cas de Sandra Sage-femme Major au sein de la maternité, qui habite avec son père très âgé qui souffre de problème respiratoire depuis toujours.

Depuis la déclaration du Président sur le cas positif de coronavirus à Madagascar et les mesures prises par le pays, nous nous sommes demandées tout de suite sur ce que notre quotidien au travail sera ! Heureusement, jusqu’à aujourd’hui, le 03 avril 2020, aucun cas suspect ou positif n’a été enregistré dans notre établissement.   

Nivo, Sage-femme au sein du Centre Hospitalier Gynéco-Obstétricaux de Befelatanana nous raconte son quotidien depuis deux semaines d’état d’urgence sanitaire du pays.

Chaque jour de travail est un défi pour Nivo. En partant de la maison le matin, elle s’inquiète du déroulement des prochaines heures mais heureusement, un transport du personnel est organisé. Elle voyage avec d’autres collègues tout en respectant bien sûr la distance de 1mètre et le port d’un masque. Arrivée à l’hôpital, le dispositif de lavage des mains existant oblige toutes personnes de se laver les mains avant d’entrer dans l’enceinte de l’établissement.

Pour le CHU GOB, la pandémie affecte particulièrement la fréquentation, plus particulièrement les services obstétricaux tels que les Consultations Prénatales ainsi que les visites des malades. Peu de gens viennent. Généralement le CHU enregistre plus de 30 consultations prénatales par jour mais actuellement le chiffre est descendu à moins de 10 personnes par jour.  Ceci est dû à la peur d’attraper le virus et aux difficultés de déplacement pour rejoindre l’hôpital sachant que toute circulation des transports publics est suspendue.

Par contre dans le service où Nivo travaille, les femmes viennent toujours pour accoucher tous les jours, même celles qui habitent dans les périphéries d’Antananarivo comme Ivato (11km), Ambohimangakely (14km), Ambohimanambola (16km) et Imeritsiatosika (33km).   En moyenne 14 accouchements sont enregistrés dans cette maternité et la statistique reste la même malgré la période de pandémie. 

 « Le travail se poursuit à son rythme quotidien, et on le vit avec les inquiétudes et les stress ; et encore plus depuis que Madagascar enregistre des cas contacts de coronavirus, mais on a choisi le métier et les risques qui vont avec.

 Certes nous sauvons des vies mais force est de constater que notre protection doit être aussi renforcée pour pouvoir faire face à cette lutte infernale. Des kits de protections individuels pour les personnels de santé devraient être une des priorités car nous sommes sûrement les plus exposés à la propagation des virus » 

Quoi qu’il en soit, l’adoption des bonnes pratiques d’hygiène, la continuation des services et la prise de responsabilité et le fort engagement de l’État dans la lutte contre le Coronavirus ainsi que l’appui des partenaires tel que UNFPA nous encouragent à faire mieux et faire plus pour sauver des vies et assurer que chaque accouchement soit sécurisé.  

Entités des Nations Unies impliquées dans cette initiative
UNFPA
Fonds des Nations unies pour la population