Madagascar lance une nouvelle phase de transformation de ses systèmes alimentaires
Antananarivo, 18 février 2026
Le Gouvernement de Madagascar a officiellement lancé une nouvelle série de projets stratégiques visant à accélérer la transformation durable, inclusive et résiliente des systèmes alimentaires du pays, avec l’appui de l’Union européenne (UE) et du Fonds conjoint des Nations Unies pour les Objectifs de développement durable (Joint SDG Fund).
Portée par le Ministère de l’Agriculture et de l’Élevage (MINAE), cette dynamique s’inscrit dans la feuille de route nationale pour la transformation des systèmes alimentaires. Elle vise à renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle, améliorer l’adaptation au changement climatique et promouvoir la création d’emplois décents, tout en mobilisant davantage d’investissements publics et privés.
Cette phase d’accélération s’appuie sur plusieurs initiatives structurantes déjà en cours, notamment le projet STOSAR, le projet d’accélération de la transformation des systèmes alimentaires à travers un modèle extensible dans la région Itasy, ainsi que les actions liées aux systèmes alimentaires dans le cadre du programme Pacte Vert dans le Sud, tous financés par l’Union européenne. Elle intègre également le Programme catalytique pour une agriculture intelligente face au climat, favorable à la nutrition et génératrice d’emplois décents dans la région Anosy, financé par le Joint SDG Fund.
Des projets structurants pour le pays
Parmi les initiatives phares figure le programme TOHATRA (Tohana ho an’ny Rafitra Ara-tsakafo), un programme catalytique pour une agriculture intelligente face au climat, favorable à la nutrition et génératrice d’emplois décents dans la région Anosy. Financé par le Joint SDG Fund et soutenu par le Pôle de coordination des systèmes alimentaires des Nations Unies, il est mis en œuvre conjointement par la FAO, l’Organisation internationale du Travail (OIT) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
Le lancement inclut également la nouvelle phase du programme STOSAR, qui appuie la mise en œuvre de la politique agricole régionale de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) à Madagascar, ainsi qu’un accompagnement à l’accélération de la transformation des systèmes alimentaires. Ces deux initiatives sont financées par l’Union européenne et mises en œuvre par la FAO.
L’ensemble de ces projets vise à renforcer la cohérence des interventions, à améliorer la gouvernance du secteur agricole et à favoriser une meilleure coordination entre acteurs publics, privés et partenaires techniques et financiers.
Une priorité nationale
Lors de la cérémonie de lancement, le Directeur de Cabinet du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, représentant le Ministre, M. Ramanantsoa Sata Mihary Tiana, a rappelé l’importance stratégique de cette transformation.
« La transformation de nos systèmes alimentaires est une priorité nationale. Elle est essentielle pour renforcer la résilience de nos producteurs, améliorer la nutrition et créer des opportunités économiques durables pour notre population », a-t-il déclaré.
Pour les autorités, il s’agit non seulement d’augmenter la production agricole, mais aussi de produire mieux, en tenant compte des enjeux climatiques, environnementaux et sociaux.
Un partenariat fort avec l’Union européenne et les Nations Unies
L’Union européenne a réaffirmé son engagement aux côtés de Madagascar dans cette transformation structurelle.
L’Ambassadeur de l’Union européenne à Madagascar, M. Roland Kobia, a souligné :
« L’Union européenne est fière d’accompagner Madagascar dans cette transformation structurelle – donc à impact durable – de ses systèmes alimentaires. Notre engagement vise à soutenir des solutions dans le temps, innovantes et alignées sur les priorités nationales et régionales, afin de renforcer la résilience économique et environnementale de Madagascar. »
De son côté, le Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies à Madagascar, M. Anthony Ngororano, a mis en avant l’approche intégrée adoptée :
« Ce programme illustre la valeur ajoutée du travail conjoint des agences des Nations Unies pour accélérer l’atteinte des Objectifs de développement durable. En agissant simultanément sur le climat, l’emploi et la nutrition, nous générons un impact systémique. »
Une gouvernance renforcée
L’atelier national organisé dans le cadre du lancement a permis de formaliser le Comité national de pilotage, de valider les Plans de Travail Annuels et de renforcer la coordination entre les différents partenaires techniques et financiers.
Des lancements régionaux sont prévus dans les prochaines semaines afin d’assurer une mise en œuvre effective au niveau territorial et une meilleure appropriation par les acteurs locaux.
Accélérer les Objectifs de développement durable
La fenêtre de financement du Joint SDG Fund dédiée à la transformation des systèmes alimentaires a été mise en place grâce à un partenariat entre le Pôle de coordination des systèmes alimentaires des Nations Unies et le Secrétariat du Joint SDG Fund. Elle vise à soutenir les efforts des gouvernements pour accélérer les progrès vers l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD).
Outre l’Union européenne, plusieurs pays – dont la Belgique, le Danemark, l’Allemagne, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège, la République de Corée, l’Espagne, la Suède et la Suisse – contribuent à ce mécanisme de financement mondial.
À travers cette nouvelle phase d’engagement, Madagascar affirme sa volonté de bâtir un système alimentaire plus résilient, plus inclusif et plus durable, au service de sa population et des générations futures.