Madagascar : Destruction « écrasante », besoins croissants après deux cyclones successifs – PAM
À la suite du passage du cyclone Gezani à Madagascar, l’ampleur des destructions est manifeste
À la suite du passage du cyclone Gezani à Madagascar, l’ampleur des destructions est manifeste : arbres déracinés, toits effondrés et débris jonchent les quartiers de Toamasina. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) déploie des équipes d’intervention d’urgence afin d’assister les populations affectées.
À peine dix jours après le passage du cyclone tropical Fytia, qui a provoqué de fortes pluies et des inondations à Madagascar, le cyclone Gezani a laissé en ruines le principal port de l’île, a annoncé vendredi le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies.
S’exprimant devant la presse depuis Antananarivo, la capitale, la Directrice du PAM à Madagascar, Tania Goossens, a indiqué qu’environ 400 000 personnes faisaient face à des besoins humanitaires aigus après que l’île a été frappée par deux cyclones successifs en l’espace de trois semaines.
Mme Goossens est récemment revenue d’une mission à Toamasina (également connue sous le nom de Tamatave), deuxième centre urbain du pays, où le cyclone Gezani a touché terre mardi soir avec des rafales atteignant 250 kilomètres à l’heure.
« L’ampleur des destructions est véritablement stupéfiante », a-t-elle souligné.
Près de 40 décès
Selon les autorités, 80 % de la ville a été endommagée et elle fonctionne actuellement à environ 5 % de sa capacité électrique.
« Il n’y a plus d’eau, et l’un des entrepôts du PAM ainsi que nos bureaux ont été entièrement détruits lors du cyclone », a-t-elle ajouté.
Les évaluations se poursuivent, mais à ce stade, les autorités font état de 38 décès et de 374 blessés.
De nombreuses familles se retrouvent sans abri.
Un responsable de l’agence alimentaire des Nations Unies a indiqué que de nombreuses familles avaient fui leur domicile et que les dégâts étaient « considérables » sur les bâtiments, les commerces, les écoles et l’hôpital de la ville.
« Lors de ma visite, j’ai vu des familles tenter de récupérer ce qui restait de leur maison », a-t-elle expliqué. « Beaucoup passent la nuit dans des habitations dont le toit a été arraché. »
Des arbres déracinés et des débris encombrent les rues, et l’accès au carburant demeure difficile.
« Les familles nous disent avoir tout perdu », a-t-elle insisté. « Beaucoup se réfugient dans des maisons endommagées ou des abris temporaires et ignorent comment elles pourront se procurer leur prochain repas. »
Des besoins croissants
Au-delà du besoin urgent de nourriture, Mme Goossens a souligné les préoccupations des acteurs humanitaires en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène, le manque d’eau potable et les infrastructures endommagées augmentant les risques d’épidémies.
Elle a également évoqué des « préoccupations croissantes en matière de protection des groupes vulnérables », notamment les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap.
Mobilisation du soutien
En prévision du cyclone, le PAM et ses partenaires ont fourni une assistance en espèces aux ménages les plus vulnérables afin de leur permettre d’acheter de la nourriture et de mieux se préparer à l’arrivée de la tempête.
L’agence mobilise actuellement ses stocks alimentaires restants, qui seront distribués en coordination avec les équipes nationales de gestion des catastrophes, a précisé Mme Goossens.
Toutefois, les besoins sur le terrain dépassent les capacités actuelles du PAM, qui lance un appel urgent aux donateurs.
Cette nouvelle catastrophe « vient s’ajouter à une situation de sécurité alimentaire déjà très critique », a déclaré Mme Goossens. Avant même les cyclones successifs, 1,57 million de personnes à travers le pays étaient en situation d’insécurité alimentaire, dont 84 000 confrontées à des niveaux d’urgence, selon les dernières données de l’IPC, un système mondial de surveillance de la sécurité alimentaire soutenu par les Nations Unies.
« Nous sommes également en pleine période de soudure à Madagascar, et les déficits de financement restent alarmants… Notre réponse à la soudure et à la crise cyclonique fait face à un déficit de 18 millions de dollars pour les six prochains mois », a averti la responsable du PAM.
« Nous aurons besoin d’un soutien constant dans les mois à venir pour aider les communautés à se relever, à reconstruire et à renforcer leur résilience face à de nouvelles catastrophes », a-t-elle conclu. « Nous ne sommes qu’au début de la saison cyclonique. Nous craignons que ce ne soit que le commencement. »